L’HABITUS CRÉATIF

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L’habitus est quelque chose de durable.

Il nous est difficile d’échapper à nos perceptions ; nous ne cessons de penser et d’agir, parfois en groupe, souvent seul. Et si… tout cela se colore en fait par nos expériences passées qui se sont éprouvées dans des circonstances ou des situations qui font que le présent (notre situation actuelle) n’est pas aussi facilement défini par nos choix et nos actions (qui présupposent un rejet de la causalité) et que nos anticipations, nos objectifs, notre futur ou devenir pourraient ne pas être aussi libres qu’on croit le vouloir.

Qu’en est-il pour le ou la scénariste ? Possèdent-ils cet habitus créatif ? Quand je me sers de quelque chose, je l’use, je le consomme. Donc, si je pratique l’écriture, je l’épuise, c’est-à-dire que ma capacité à écrire se dissipe dans son usage même. Je crois que ce serait terrible de croire en cela. Posons plutôt que l’écriture, cet habitus créatif, est une disposition qui demeure en nous.

Écrire, ce n’est pas de l’inspiration. L’inspiration est flottante, comme un élément qui ne serait relié à rien, ce qui ne laisserait pas de faire débattre de son utilité.

Certes, tout et même les œuvres d’autres artisans de l’écriture participent de nos propres mots. Nous pourrions aussi être influencés par notre contexte socioculturel qui nous feraient suivre une tendance même si nous en refusions l’idée et la combattions. À ce propos d’ailleurs, le romantisme n’est-il pas une réaction au réalisme ?
On peut admettre que nos expériences passées que je mentionnais précédemment forgent cette matière dramatique dont nous nous faisons les chantres. Cela, on ne peut le distinguer du processus créatif. Néanmoins, l’inspiration nous contraint puisqu’elle nous impose un cadre.

Alors pour exploser ces limites, nous avons en nous cet habitus créatif qui n’est rien autre qu’une disposition, une attitude intérieure, un état d’esprit qui nous incite à produire du sens et à expérimenter de nouvelles possibilités narratives.
Que celles-ci soient géniales ou qu’elles nous fourvoient importe peu. Ce qui compte, c’est l’acte créatif lui-même, non pas son résultat, mais le fait de créer en liberté (et responsabilité d’ailleurs). Je ne remets pas en cause un principe d’existence qui fait que nous écrivons nos singulières préoccupations qui ne se veulent point banales, je dis qu’il y a en nous une force qui ne nous détermine pas, mais nous fait agir dans l’écriture. Connaissons-nous un blocage, qu’il saute ne serait-ce que, tout comme Nietzsche et ses fragments (posthumes), en noircissant de nos idées des paragraphes de quelques lignes qui se suffisent à eux-mêmes. En vérité, la difficulté d’échapper à soi est difficile alors faisons de la contrainte une opportunité pour créer et que cela devienne un habitus. Scénaristes, nous produisons pour un lecteur/spectateur. Quelle que soit la spécificité de nos regards, pensons à la manière dont son regard la recevra.

Curiosité, réflexion critique et une pratique régulière font de l’autrice et de l’auteur des êtres créatifs. Ils innovent sans cesse et ce vieux manuscrit au fond d’un tiroir oublié au gré des périodes de doute est toujours vivant et l’échec est une raison supplémentaire de se remettre à la tâche.

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