Ce qu’un personnage dit devrait être raccord avec sa personnalité. Et dans le même temps, ses lignes de dialogue devraient révéler qui il est (ou bien ce qu’il souhaite faire apparaître de lui).
Il semble cependant évident qu’un docker et un psychothérapeute auront des mots et des intonations différents, question d’idiosyncrasie.
Caractériser un personnage selon les mots qu’il emploie ne s’apprend pas. Nous savons comment une personne s’exprime non pas en la classant dans telle ou telle catégorie mais parce que nous la connaissons.
Nous rencontrons beaucoup de personnes au cours de nos vies et nous prenons l’habitude d’entendre certaines choses parce que ces personnes évoluent dans tel environnement ou bien parce qu’elles occupent tel emploi ou se livre à telle ou telle activité.
Nous savons aussi comment se manifesteront de manière verbale des idées politiques ou religieuses.
Considérons cet exemple :
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Schindler rejoint un groupe d’officiers nazis pour déjeuner. C’est au cours de cette scène qu’il rencontre pour la première fois son antagoniste : Amon Goeth.
L’un des convives dit à Schindler qu’il a perdu du poids et sa réponse est amusante. Puis se dirigeant vers le buffet, Schindler demande s’il a manqué quelque chose de bon et l’un des participants se met en devoir de lui résumer la conversation en cours. Et de nouveau, Schindler répond avec humour.
La stratégie de Schindler est précise et se reflète dans son dialogue. C’est un capitaine d’industrie et il sait que pour que les affaires se fassent, il lui faut mettre à l’aise ses interlocuteurs. Il y parvient en créant une atmosphère de bonne humeur partagée par tous y compris Goeth.
Une ligne de dialogue est comme une note dans une mélodie. Une fausse note se ressent (et dans le jeu du comédien et chez le lecteur/spectateur).
Vous ne la jouez pas et il en ressortira un sentiment d’incomplétude : un dialogue qui se termine par un simple merci alors que la personnalité du personnage intuitivement en réclame davantage crée indubitablement un manque qui ne pourra pas être comblé par l’imaginaire du lecteur.
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